Ébauche d’entrevue : Ludovic Capt

Updated: Jun 7

Pour les personnes qui ne connaissent pas Balcan, pouvez-vous présenter brièvement l’entreprise et décrire où elle se situe dans la chaîne de valeur des plastiques?

Balcan est un directeur de l'innovation et du développement durable. L’entreprise produit des pellicules techniques et des emballages souples. Si vous rénovez votre maison ou entretenez votre jardin, le terreau, l’isolation ou les bardeaux dont vous aurez besoin seront peut-être emballés dans un de nos produits. Nous emballons aussi d’autres objets de la vie quotidienne, comme les matelas, les articles nettoyés à sec et les aliments. Nos produits sont utilisés dans de nombreux secteurs et les Canadiens les rencontrent dans bien des aspects de leur vie.

Balcan produit également des matériaux destinés à d’autres applications que l’emballage. Par exemple, chaque maison au Canada doit être construite avec un écran pare-vapeur, que nous produisons. Nous fabriquons aussi des isolants réfléchissants utilisés dans la construction, ainsi que des sacs de sûreté à indicateur d’effraction que servent dans le secteur bancaire et celui du transport de fonds.


Pouvez-vous nous donner une idée de la taille de votre entreprise?

L’entreprise a été fondée à Montréal en 1967 et possède aujourd’hui huit unités de production situées au Québec, en Ontario et aux États-Unis. Nous employons actuellement plus d’un millier de personnes.


Comment Balcan voit-elle l’innovation et comment envisagez-vous la conception de produit?

Les activités de Balcan portent essentiellement sur l’amélioration des technologies pour répondre aux besoins des clients. J’ai personnellement toujours été intéressé par « l’analyse du cycle de vie » et par la durabilité en général. Depuis une dizaine d’années, nous avons à cœur de comprendre les facteurs qui influent sur l’empreinte écologique en général, pas seulement sur l’empreinte carbone, de nos opérations et de nos produits.

Balcan a adopté une politique d’écoconception pour ses produits qui s’appuie sur deux principes directeurs principaux : par sa conception, le produit doit être sûr et avoir un cycle de vie circulaire. Un cycle de vie circulaire, cela signifie que nous visons l’élimination de tout emballage inutile, que nous privilégions ce qui peut se réutiliser et que nous aspirons à créer des produits qui soient recyclables ou compostables. Chaque décision du processus d’innovation doit reposer sur des faits scientifiques.

Quelles difficultés rencontrez-vous?

Même si la grande majorité de nos produits est bien recyclable, nous ignorons encore s’ils sont vraiment recyclés. L’Amérique du Nord n’a pas totalement mis en place l’infrastructure harmonisée dont elle a besoin pour recueillir, trier et recycler chimiquement ou mécaniquement les articles fabriqués.

Nous continuons à viser l’accélération de la création d’une économie circulaire en augmentant continuellement la recyclabilité de nos produits ou leur teneur en matières recyclées.

Avez-vous de nouveaux projets en vue?

En ce moment, nous travaillons sur des projets pilotes innovants « en circuit fermé » dans le cadre desquels les plastiques en fin de vie utile sont recueillis auprès d’une entreprise pour être lavés et recyclés mécaniquement, puis ajoutés sous forme recyclée dans les produits de l’entreprise. Nous étions ravis de découvrir qu’un produit contenant 25 % de matières recyclées possède les mêmes caractéristiques qualitatives que le produit vierge.


Nous avons l’intention de prouver que ce concept de circuit fermé est réalisable pour appuyer le développement d’une infrastructure à grande échelle. Voici le type de projets d’innovation circulaire sur lesquels nous travaillons.


En comparaison d’il y a quelques années, les entreprises sont-elles davantage intéressées par un partenariat dans le cadre de projets innovants comme celui que vous venez de décrire?


Oui, tout à fait. Un de nos récents projets en circuit fermé a été mis sur pied parce qu’une entreprise s’est rendu compte qu’elle avait beaucoup de rebuts ou de restes de plastique et qu’il y avait sûrement quelque chose d’utile à faire avec tout cela. Elle nous a approchés et nous avons collaboré à la création d’une solution. Aujourd’hui, le projet est prêt à être déployé à l’échelle de l’entreprise.

Sur le marché, la demande de produits qui ont un cycle de vie plus circulaire croît de façon exponentielle à mesure que les entreprises (et leurs clients), comme la nôtre, s’efforcent d’être plus respectueuses de l’environnement.

Vous êtes un membre actif de la Division des plastiques de l’ACIC. Quels sont pour vous les avantages de faire partie de la Division?


C’est formidable d’avoir accès à un réseau de personnes partageant les mêmes intérêts, car cela permet d’alimenter les conversations et de stimuler l’innovation. Par exemple, dans le groupe de travail sur le recyclage mécanique, nous répertorions les véritables problèmes que rencontre l’industrie et nous débattons des idées, des mesures à prendre et des moyens d’action pour améliorer l’innovation.

Le fait de faire partie de la Division des plastiques signifie que les membres sont à l'avant-scène de ce qui se passe dans l’industrie. Nous échangeons des idées sur les emballages souples, mais aussi sur les emballages rigides. Ensemble, nous partageons nos expériences et les leçons apprises à différents niveaux de la chaîne de valeur des plastiques.

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