GAPC/CPT – Q+R – Livre blanc Phase I

Avec la publication récente de leur très attendu Livre blanc intitulé Repenser le recyclage des emballages plastiques : Solutions vers une plus grande circularité au Québec et au Canada, le Groupe d'action plastiques circulaires (GAPC) a franchi une étape importante pour aider le Québec et le Canada à bâtir une économie circulaire pour les plastiques.


Nous avons pris le temps de nous asseoir avec deux des principaux instigateurs du projet, Stephen Tramley et Charles David Mathieu-Poulin, pour discuter de la manière dont le projet a vu le jour, en découvrir les premières conclusions et en savoir plus sur les plans des Phases II et III du projet.

Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de lire le Livre blanc, il est disponible en français et en anglais sur GAPC.ca.

Comment ce projet est-il né au départ ?


Charles David – Le projet a commencé il y a trois ans lorsque plusieurs de nos entreprises respectives se sont engagées à mettre sur le marché des produits fabriqués avec du contenu recyclé postconsommation d’ici 2025. Nous avons alors commencé individuellement à rechercher de la résine recyclée postconsommation (PCR) afin d’atteindre ces engagements et avons réalisé que nous avions un problème similaire, à savoir trouver des résines recyclées sur le marché qui répondent à nos besoins en termes de volume et de qualité. Surtout si nous voulions qu’elles soient locales, ce qui était un objectif que nous avions tous.


Donc, à l’époque, lorsque nous nous voyions en personne lors d’événements sur le développement durable, nous en parlions et nous nous rendions compte que nous avions tous le même problème, même si nous travaillions avec des résines et des types d’emballage très différents. Nous avons alors décidé qu’il était préférable de nous réunir plutôt que d’y travailler seuls.

C’est ainsi que nous nous sommes réunis ; des objectifs partagés, un problème commun et le sentiment que nous pouvions faire mieux en collaborant.


Bien sûr, d'autres acteurs que les entreprises sont impliqués (l’ACIC par exemple), et certains gouvernements ont également manifesté leur soutien. Pouvez-vous en parler ?


Charles David - Il a fallu environ un an de discussions et de planification pour transformer notre objectif commun en un projet réel. Nous savions que nous devions cartographier la chaîne de valeur des plastiques au Québec, réaliser des entrevues et effectuer des essais de simulation. Nous avons donc élaboré un projet comportant des objectifs, des échéanciers et un budget clairs et l’avons appelé notre Phase I. Nous nous sommes adressés à de multiples entités gouvernementales, dont Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), pour obtenir le financement du projet. ECCC a apprécié notre approche et la façon dont elle s’alignait au cadre de son propre travail sur les plastiques. Ils ont donc financé la majorité de la Phase I, ce qui nous a permis de démarrer rapidement. Leur soutien était important pour nous, et je pense que de savoir qu’ils trouvaient notre travail pertinent a donné beaucoup de crédibilité à notre initiative.


Éco Entreprises Québec (EEQ), qui est le gestionnaire du programme de REP du Québec, et nos six membres fondateurs (Cascades, Danone Canada, Dyne-a-pak, Keurig Dr Pepper Canada, TC Transcontinental et l’ACIC) ont également participé au financement de la Phase I.


La pandémie actuelle de COVID-19 a-t-elle affecté ou retardé le projet ?


Stephen – Pour la Phase I, nous avions un plan initial dans lequel nous avions fixé un échéancier et des objectifs à atteindre. Comme il s’agissait d’un projet d’action et non d’une simple étude, nous devions entrer physiquement dans les usines. Puisque nous travaillions avec des centres de tri, des recycleurs et des fabricants de produits finis et faisions des tests sur place, la COVID est effectivement entrée en jeu. Il était parfois difficile de se rendre dans ces endroits et donc, pendant environ 2 ou 3 mois, la pandémie a vraiment eu un effet et entrainé une retard d’environ une saison l’obtention des résultats par rapport à ce qu’était notre plan initial.


Il s'agit clairement d'un grand projet avec de nombreuses pièces mobiles. Comment avez-vous structuré le projet pour vous préparer au succès ?


Stephen – Avec ce projet, nous voulions être un peu différents vis-à-vis certaines des études qui ont été réalisées ou sont en cours. Nous voulions être une équipe d’action, ce qui se reflète dans les noms du groupe en français et en anglais.


Nous avons élaboré une sorte de mantra qui est notre approche « d’ingénierie inversée ». Selon cette approche, nous avons voulu déterminer les spécifications requises pour les produits finis et les marchés finaux. Nos membres fondateurs sont issus de l’industrie, et ce qui était important non seulement pour nos entreprises mais aussi pour l’ensemble du marché, c’est qu’il fallait un niveau de qualité élevé de plastiques recyclés pour pouvoir les incorporer dans les produits finis.

Sachant ce niveau de qualité requis, nous sommes retournés auprès des recycleurs pour voir comment ils pourraient atteindre ce type de spécifications, et à partir de là, avec le retour d’information des recycleurs, examiner ce qui sera requis dans les centres de tri. Alors que de nombreuses études se penchent sur les centres de tri et sur ce dont ils sont capables, nous avons voulu examiner ce qui est nécessaire pour obtenir un taux de récupération ainsi qu’un niveau de qualité les plus élevés possibles, pour ainsi répondre aux besoins des marchés.


La Phase I étant maintenant terminée, y a-t-il eu des surprises dans vos premières conclusions ?


Charles David – Je pense que les principales conclusions n'étaient pas surprenantes, mais je pense qu’il était important qu'elles soient documentées à la suite d’un processus rigoureux. Dans beaucoup d’appels de l’industrie, les gens demandent : « L’offre est-elle le problème ou est-ce la demande ? ». Notre réponse est qu’ils ne sont pas alignés. Ce n’est pas qu’il n’y a pas assez d’offre ou de demande, elles ne s’alignent tout simplement pas et c’était notre hypothèse dès le départ.

Je dirais que ma plus grande surprise, qui a été une surprise positive, est le fait que projet a été très fédérateur pour l’industrie du plastique au Québec. Tout le monde s’est impliqué, de la chaîne de valeur aux gouvernements et aux associations, et les gens regardent maintenant les problématiques d’une manière plus systémique, plutôt que des pièces individuelles.


Stéphane - Je suis d'accord. La communication entre les acteurs, des marchés finaux jusqu'aux centres de tri, est très importante et l’une des raisons pourquoi nous avons connu du succès.


Avec l'achèvement de la Phase I et les plans pour aller de l'avant avec les phases II et III, vous attendez-vous à ce que davantage d'entreprises et de parties prenantes se joignent à vous ?


Charles David – Assurément, c'est ce qui rend notre projet différent ! Nous avons tous une place autour de la table, nous travaillons tous fort et nous voulons que les choses se passent rapidement. Je pense que l’un des points forts de notre projet est que nous sommes allés vite et que nous avons effectué du travail concret, directement sur le plancher. Mais nous avons besoin de plus d’acteurs, nous avons besoin de recycleurs, nous avons besoin de marchés. Les projets pilotes des Phases II et III seront probablement encore plus spécifiques que ceux de la Phase I. L’objectif de la Phase III est de se déplacer à l’extérieur du Québec, mais nous sommes également ouverts à ce que même certains projets de la Phase II soient réalisés dans le reste du Canada.


Stephen – Avec la façon dont elle est configurée, la Phase II aura une gamme de projets différents touchant différents flux de déchets. Disons que quelqu'un s’intéresse au film plastique et moins aux plastiques rigides, nous aurons des projets spécifiques dans lesquels ils pourront s’impliquer. Il y aura beaucoup de variété : nous touchons aux plastiques mixtes, au polypropylène, au polystyrène, ainsi qu’aux films, donc il y a beaucoup de possibilités pour les différents acteurs de l’industrie plastique de s’impliquer.


Pour plus d'informations sur le travail effectué par le GAPC et pour en savoir plus sur les Phases II et III, envoyez un courriel à info@gapc.ca et ou consultez le site GAPC.ca.

42 views